GUISE :une ville soigne ses entrées.....
S' Il est une entrée qui soit à elle seule tout un programme, ce ne peut être que celle venant de St Quentin ou Laon, du sud. Côté Paris.
On ne dira jamais assez l'importance de ces lieux stratégiques, pour donner une belle image d'une cité à celui qui ne fait que passer pour lui donner envie de revenir, ou pour récompenser celui qui a décider de rester un temps.
Le problème est bien souvent le même partout. Fournir des informations obligatoires pour la circulation, et, renseigner sur ce qui peut faire le charme ou l'intérêt de la ville. Le passage étant obligatoirement assez rapide, on se doit d'être court, précis, bref, mais complet. Mais sans exagération. Trop d'informations tuent l'information.
L'apparition d'un drapeau, au dessus de la frondaison des arbres mis en place sur le donjon du château de Guise depuis les années 68, donne immédiatement l'idée de l'ancienneté de la ville: médiévale.
La tête de Camille Desmoulins sur le bord de la route rappelle au passant que la ville donna le jour à l'un des acteurs de la Révolution., qui lança la prise de la Bastille. Seule remarque: cette tête isolée, en haut d'un poteau (d'information), donnera matière sans doute à quelques esprits frondeurs pour y voir quelques réminiscences de la fin tragique de notre héros thiérachien.
Les massifs de fleurs témoignent de la volonté municipale (jamais démentie) depuis les années 70 de fleurir au maximum la ville: "Fleurir c'est sourire!"Et chacun sera d'accord pour estimer qu'un accueil souriant est quand plus à même de vous faire revenir qu'une soupe à la grimace.
Enfin le monument Lanrezac rappelle en ces jours si particuliers, la bataille de Guise de 1914, dont beaucoup aujourd'hui se plaisent à rappeler l'avantage militaire donné aux troupes françaises devant la ruée allemande. Sans oublier que son architecture image un des temps fort de l'art français des années 30
Enfin parmi les derniers aménagements de cette zone, il en est un particulièrement intéressant: le petit square immédiatement après la patte d'oie des routes de Laon et de St Quentin. Intéressant car à décor en kit. Dont l'ajustement aux époques évoquées représente une gageure.
Et c'est assez dynamique de vouloir changer cette entrée au grès des manifestations des moments forts de la cité. Cela crée une attente des interrogations, une suite à épisodes.
On y verra en quelques années un ou deux chevaliers médiévaux, un sanglier voulant traverser la route, les armoiries des seigneurs du Vermandois, un "forgeron"….
Aujourd'hui on découvre -centenaire oblige- une "évocation" de la première guerre mondiale, qui traduit parfaitement le fait que cet événement est un événement historique, hors de notre époque. Enfantin diront certains, stéréotypé pour d'autres, scolaire enfin pour les derniers.
Mais un soldat+un canon=la guerre. Et c'est bien cela qui fut. On pourrait épiloguer sur le canon dirigé vers le sud, du côté France, sur l'uniforme du soldat qui sent la réutilisation, mais le parti pris de s'éloigner de la reconstitution historique est néanmoins bien traité, et réussi.